GRÈCE : LES SECRETS DU VIN VOLCANIQUE DE SANTORIN

| De notre correspondante à Athènes | dimanche 4 juin 2017

 

L’île grecque de Santorin est mondialement connue pour ses couchers de soleil, son volcan, ses petites maisons blanches aux volets bleus. Mais elle est aussi en train de devenir une destination incontournable pour les amateurs de vins. Reportage dans les caves du domaine Argyros.

 

Par Marina Rafenberg

Chaque année, l’archipel de Santorin attire des dizaines de milliers de touristes venus du monde entier, du Canada, de Chine ou des États-Unis. Si ces derniers viennent surtout admirer les couchers de soleil de la Mer Égée, le pittoresque village d’Oia, s’ils aiment se promener sur la caldeira qui fait face au volcan, ils sont aussi nombreux à succomber au vinsanto et à l’assyrtiko, les deux vins les plus connus de l’île. « À Santorin, la culture de la vigne remonte à l’Antiquité. Des fresques et des poteries de plus de 3 500 ans représentant des vignes ont été retrouvées à Akrotiri », explique fièrement Sophia, qui accueille les visiteurs au domaine Argyros, dans le village d’Episkopi. Fondé en 1903, celui-ci a été rénové grâce à des financements européens et un tout nouveau bâtiment ultra-moderne construit en pierres grises volcaniques vient de sortir de terre. « Sur notre domaine, nous avons des vignes qui ont 150 ans », continue Sophia, en faisant découvrir les 30 hectares de l’exploitation.

Après la destruction de la cité minoenne d’Akrotiri par une irruption volcanique, vers 1 600 av. J-C, la composition du sol de l’île a changé. À Santorin, on trouve des pierres ponces, du calcaire et du schiste, mais pas d’argile, ce qui a permis aux vignes locales d’être épargnées par le phylloxéra, durant la seconde moitié du XIXe siècle. « Grâce à ce sol particulier, nous n’utilisons aucun pesticide », souligne Sophia. « Nous n’avons cependant pas encore le label bio, en raison des produits utilisés par les champs qui jouxtent nos vignes ». Autre particularité des vignes de Santorin : elles sont enroulées sur elles-mêmes, en forme de couronnes appelées kouloura. « Cette technique, utilisée depuis des siècles, permet de protéger les plantes des vents violents qui s’abattent sur l’île en hiver, et d’ombrager les raisins en période estivale », commente Sophia.

À Santorin, 75% des vignes sont constituées du cépage assyrtiko, qui donne un vin blanc sec très prisé des connaisseurs. On trouve aussi deux autres cépages, l’athiri et l’aidini. Il existe également des cépages rouges comme le mantilaria et le mavrotragano. Et surtout le vinsanto, un vin doux dont le nom vient de l’italien. Produit dès le XIIe siècle, ce nectar était exporté par les Vénitiens.

Une fois récoltés, les raisins sèchent durant 14 jours au soleil, sur des pierres ou de la paille, puis ils restent plusieurs années dans des barils cachés au fonds de caves où la température n’excède pas 13°C, hiver comme été. « Les Italiens revendiquaient aussi l’appellation de vinsanto, mais nous avons fini pas avoir gain de cause, et ’notre’ vinsanto a obtenu en 2012 l’Appellation d’origine protégée », poursuit Sophia. « Désormais, en Toscane, ils doivent écrire ’vino santo’, en deux mots, sur leurs étiquettes ».

Une victoire également saluée par Giorgos, le sommelier du domaine, qui raconte que le cépageassyrtiko a aussi été implanté en Nouvelle Zélande, mais qu’il donne là-bas un vin au goût bien différent. « On ne boit pas de l’assyrtiko, on boit du santorin ! », s’exclame Giorgos avec sérieux. Au domaine Argyros, 30 000 bouteilles sont vendues tous les ans. Une production plutôt limitée car pour 1000 m2, seuls 400 kg de raisins sont ramassés contre 3000 kg dans d’autres régions de Grèce.

Quatre générations de viticulteurs se sont succédées depuis 1903 et c’est désormais Matthew Argyros qui est au commande, épaulé par un œnologue français qui vient deux fois par an vérifier la production. « Douze ou treize viticulteurs travaillent sur l’île. Nous montrons que Santorin ne vit pas que du tourisme », explique Giorgos. « Il ne faut pas abandonner nos vignes, comme certains ont pu le faire par le passé, car c’est aussi notre richesse ».

Année après année, le vin de Santorin a fini par séduire. Les Chinois qui viennent se marier sur l’île constituent une nouvelle clientèle pour les viticulteurs. « 70 à 80% de notre production part à l’exportation vers l’Amérique et le Canada, mais aussi vers de nouveaux marchés comme la Chine et le Japon. C’est ce qui nous a permis de résister à la crise, même si notre île, grâce au tourisme, a été peu touchée par le chômage », conclut Sophia.

Athènes, éternelle et moderne

Dossier publié dans le magazine Tour Hebdo dans l’édition de mars 2017. 

 

 

 

MALGRÉ LA CRISE ÉCONOMIQUE, LA CAPITALE HELLÈNE POURSUIT SES MÉTAMORPHOSES. ENTRE ORIENT ET OCCIDENT, ENTRE PASSÉ ET PRÉSENT, ENTRE MER ET MONTAGNES, ATHÈNES A DE QUOI SÉDUIRE TOUS LES VISITEURS.

 

Reportage réalisé par Marina Rafenberg

 

Au printemps dernier, le centre culturel Stavros Niarchos, conçu par l’architecte Renzo Piano, a ouvert ses portes à Athènes. Son parc, nouveau poumon vert de la capitale, doit accueillir la Bibliothèque nationale et l’Opéra. Après six années de crise et d’immobilisme, la capitale grecque renaît. À l’automne, c’est le musée d’Art contemporain (EMST) qui a été inauguré. La crise n’a pas aliéné la créativité des Grecs. Le cinéma, le théâtre, le street art connaissent un nouvel essor. Comme on peut s’en apercevoir en déambulant dans les quartiers d’Exarchia et de Psiri. L’Athènes d’aujourd’hui côtoie partout son passé. Se balader dans le quartier d’Anafiotika (proche de l’Acropole) à l’ombre des maisons néoclassiques et des bougainvilliers est un vrai plaisir. En soirée, boire un verre au bar A for Athens avec vue sur le Parthénon constitue une expérience magique. Au coucher du soleil, déguster des mezzés dans la marina de Microlimano, au Pirée, permet de profiter

d’un autre cadre onirique, avec la mer à l’horizon. Malgré son apparence de cité bétonnée, Athènes offre de nombreuses escapades dans la nature. Par exemple en filant sur la Riviera profiter de la plage de sable de Kavouri. Pourquoi ne pas plonger aussi dans le lac de Vouliagmeni ? Ses sources d’eau chaude, connues depuis l’Antiquité, ont des propriétés bienfaisantes pour le corps. Quant aux amateurs de randonnée, ils pourront battre les sentiers du mont Hymette, le panorama sur Athènes y est époustouflant ! Selon les chiffres de l’aéroport international d’Athènes, en 2016, 20,2 millions de passagers ont atterri dans la capitale grecque, soit une augmentation de 10,7 % par rapport à 2015. Entre janvier et novembre 2016, plus de 330 000 visiteurs français sont venus visiter Athènes, soit 3 % de plus qu’en 2015.

En quête de sécurité, les touristes se pressent en Europe du Sud

Publié dans LE MONDE ECONOMIE | 10.08.2016 à 06h43 • Mis à jour le 10.08.2016 à 10h21

Par Marina Rafenberg (Athènes, intérim) et Sandrine Morel (Madrid, correspondance)

Bruce Payne vient tout droit d’Australie pour amarrer son voilier au port d’Egine (Grèce), une île située à une heure et demie d’Athènes. Il a choisi de naviguer, pendant trois semaines, dans le golfe Saronique :

« Pour la seconde année d’affilée, j’ai choisi la mer Egée pour ses eaux fantastiques, mais aussi parce que c’est une destination abordable. Malgré l’augmentation de la TVA sur certains produits depuis un an, les tarifs des marinas y sont peu élevés, en comparaison d’autres pays européens comme la France ou l’Italie. »

M. Payne aurait aimé partir, cet été, à la découverte des côtes turques, mais il avoue y avoir renoncé :

« La situation politique en Turquie m’a dissuadé. Ici, en Grèce, je me sens davantage en sécurité avec ma famille. »

David Lemire, un Québécois qui a passé trois semaines en Grèce entre les Cyclades, la région de Thessalonique et Athènes, explique s’y sentir « moins menacé par les attaques terroristes qu’en France ou au Maghreb ».

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EN GRÈCE, UN NOMBRE RECORD DE VISITEURS

Aujourd’hui, la Grèce, mais aussi l’Espagne et le Portugal font leurs choux gras de l’instabilité politique, des menaces terroristes et des problèmes de sécurité qui frappent d’autres destinations touristiques phares du pourtour méditerranéen, comme la Turquie, l’Egypte et la Tunisie.

Depuis 2012, ces trois pays d’Europe du Sud peuvent compter sur leur secteur touristique comme moteur de la reprise de la croissance et des créations d’emplois. Il leur offre un baume réconfortant après des années de crise économique.

Malgré les restrictions bancaires imposées à l’été 2015 ou les hausses de TVA exigées par ses créanciers (sur l’hôtellerie, elle est passée de 6,5 % à 13 %), le nombre de visiteurs étrangers en Grèce devrait dépasser, en 2016, les 25 millions, selon la Confédération grecque du tourisme (SETE). Il s’agirait d’un record, avec près de 1,5 million de visiteurs de plus qu’en 2015 et 20 % de recettes supplémentaires (équivalent à 800 millions d’euros). Cette manne d’autant plus essentielle que le secteur représente 24 % du produit intérieur brut (PIB) du pays ; il y emploie un actif sur cinq.

BOUFFÉE D’OXYGÈNE POUR LE PORTUGAL

Moins dépendant du tourisme – il représente 6,5 % du PIB et 8,2 % de l’emploi –, le Portugal bénéficie d’une même dynamique. Les ruelles de Lisbonne et de Porto, les plages bordées de falaises blanches de l’Algarve et des joyaux comme Madère, ont attiré 10,2 millions de visiteurs étrangers en 2015, soit 9,7 % de plus qu’en 2014 ; parmi eux, près de 2 millions de Français.

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Les recettes engrangées par le secteur se sont élevées à 11,3 milliards d’euros, de quoi donner une bouffée d’oxygène au gouvernement alors que ce dernier sort péniblement du plan d’aide de Bruxelles et est confronté à un déficit public excessif (+ 4,4 % en 2015). Avec une hausse de 12 % des réservations en juin, selon le baromètre SNAV-Atout France, le pays promet, lui aussi, de battre de nouveaux records de fréquentation en 2016.

Pour Jean-Pierre Pinheiro, directeur de l’Office du tourisme du Portugal en France, il ne fait aucun doute qu’il existe encore « une belle marge de progression sur certains segments de marché » comme les voyages en famille, le tourisme sportif, la découverte des régions viticoles et de leurs vins, le thermalisme et le bien-être, ou encore les voyages d’affaires.

L’ESPAGNE « SATURÉE »

Baigneurs à Lloret de Mar, en Catalogne, le 7 août 2016. | JOSEP LAGO / AFP

En Espagne, Il n’est pas sûr, en revanche, que la « marge de progression » de l’industrie touristique soit infinie. Certes, après avoir accueilli 68,1 millions de touristes étrangers en 2015 (+ 4,9 %), le pays devrait dépasser aisément les 70 millions cette année. Sur les six premiers mois de 2016, il a déjà enregistré, sur un an, une hausse de 11,7 % du nombre de visiteurs – les Britanniques, les Allemands et les Français, ont été nombreux et ont largement compensés la baisse du nombre de Russes (– 32 %).

Mais certaines destinations semblent saturées, à l’image de Barcelone, où les graffitis « Tourist Go Home » (« touriste, rentre chez toi ») fleurissent sur les murs. La maire de la capitale de la Catalogne, Ada Colau, proche du parti de la gauche anti-austérité Podemos, a d’ailleurs gelé le nombre de licences d’ouverture d’établissements hôteliers depuis juin 2015 et elle s’est lancée dans une traque aux appartements touristiques illégaux.

PRIX COMPÉTITIFS

De quoi susciter la colère du Parti populaire (PP, droite, au pouvoir à Madrid), pour lequel il n’est pas question de toucher à la poule aux œufs d’or. Le tourisme, moteur de la croissance, représente 11,7 % du PIB du pays et 13 % de l’emploi. Le solde du secteur couvre 93,1 % du déficit commercial espagnol.

Avec 7 900 kilomètres de côtes, les longues plages de la Costa del Sol, les criques de la Costa Brava, les bords de mer bondés de la Costa Blanca, un climat chaud et ensoleillé, des infrastructures de transport et des prix compétitifs, l’Espagne a conforté sa place de deuxième destination touristique mondiale en termes de revenus (67,4 milliards d’euros en 2015, en hausse de 6,8 %), derrière les Etats-Unis.

LES DÉPENSES PAR TÊTE BAISSENT

Ce qui n’empêche pas les hôteliers en Espagne, mais aussi en Grèce, de craindre le développement d’un tourisme low cost.

« Nous faisons face à un phénomène étrange, car le nombre de touristes est en constante augmentation, mais les dépenses par tête baissent. Les personnes qui avaient prévu d’aller en Turquie, et qui se sont rabattues sur la Grèce, avaient prévu un budget précis et ne veulent pas dépenser plus », souligne Andreas Papadopoulos, le propriétaire de l’agence de voyages Odyssey Travel, à Athènes.

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La hausse du nombre de touristes en provenance des Balkans et de l’Europe centrale (Bulgarie, Hongrie, Pologne…) – ils ont un pouvoir d’achat réduit – est une autre explication avancée par la SETE.

« Mais de nouveaux marchés s’ouvrent, avec des clients en provenance des Emirats arabes unis et de l’Inde, cette année, et nous avons l’espoir que ces touristes seront plus dépensiers », explique M. Papadopoulos.

Les créations d’emplois, qui accompagnent le développement du tourisme, suscitent aussi des réserves. En 2015, selon une enquête sur la population active espagnole, quelque 2,3 millions de personnes (+ 5,4 % par rapport à 2014) travaillaient dans le pays dans ce secteur qui bat, depuis le 1er janvier, des records en matière d’embauches. Mais il s’agit d’emplois précaires, rappellent les syndicats.

INQUIÉTUDES

Et derrière les bons chiffres pointent des inquiétudes. Au Portugal, la crainte que la reprise économique suscitée par le tourisme ne soit à deux vitesses entre les régions côtières, favorisées, et celles de l’intérieur. En Espagne, celles qui portent sur le risque de voir le pays se transformer en club de vacances.

Dans son éditorial du 4 août, le quotidien El Pais avertit :

« Comme en 2007, la croissance dépend du tourisme et de la construction, précisément les activités les plus vulnérables aux effets d’une éventuelle crise ».

Et de plaider pour qu’elle « repose sur des marchés plus innovateurs. Le degré de bien-être social, qu’il faut commencer à mesurer, n’est pas donné par des contrats d’un mois ni par des microsalaires, même s’ils améliorent les statistiques macroéconomiques ».

Un horizon dégagé se profile pour le tourisme en Grèce

EN 2015, MALGRÉ LA CRISE, LA FRÉQUENTATION TOURISTIQUE A BATTU DES RECORDS EN GRÈCE, AVEC PLUS DE 23,5 MILLIONS DE VISITEURS ÉTRANGERS. CETTE ANNÉE ENCORE, LE PAYS DEVRAIT FIGURER PARMI LES DESTINATIONS FAVORITES DES VACANCIERS EN MÉDITERRANÉE.

 

TOURHEBDO GRECE

 

Selon la confédération grecque du tourisme (SETE), le nombre de touristes étrangers en Grèce devrait dépasser en 2016 les 25 millions et ainsi battre de nouveau un record par rap- port à l’an passé, avec près de 1,5 million de visiteurs en plus et 800 millions d’euros de recettes supplémentaires. Malgré la hausse de la TVA sur l’hôtellerie (passée de 6,5 % à 13 %) et les restrictions bancaires instaurées l’été dernier, le tourisme en Grèce résiste : le pays est désormais stable et jugé sûr, il n’a pas été l’objet d’attentats comme la Turquie, explique la SETE. Le président de la confédération, Andreas Andreadis, a confié lors d’une récente conférence de presse être « optimiste » et que « cette

année allait être positive […] même si le développement touristique ne bénéficie pas à tout le pays et qu’il y a de grandes inégalités ». Si les îles des Cyclades et Ioniennes sont toujours prisées par les touristes, la Grèce continentale reste plus confidentielle et attire moins de ressortissants étrangers.

La SETE veut dynamiser Athènes et Thessalonique, deux destinations idéales pour des city breaks en Europe à toute époque de l’année.

 

LE MARCHÉ FRANÇAIS EN HAUSSE DE 11%
Sur les quatre premiers mois de 2016, le nombre de vols vers les aéroports grecs s’élève à 89 642 dont 37 029 internatio- naux, ce qui constitue une hausse de 5,5 % des liaisons aé- riennes par rapport à la même période en 2015, d’après l’autorité de l’aviation civile. En ou- tre, de janvier à mai, 1 343 897 visiteurs étrangers sont arrivés

à l’aéroport d’Athènes, selon la SETE, soit une augmentation de 4,9 % par rapport à la même période l’année dernière. Les aéroports de Mykonos et de Santorin ont également connu une forte progression de leur fréquentation, de respective- ment 20,9 % et 18 %. Mais d’autres destinations rencontrent des difficultés, comme Kos (- 21,9 %) ou Lesbos (- 59,9 %), deux îles qui ont été touchées par la crise migratoire. Par ail- leurs, le site Trivago a publié une étude sur les préférences des touristes étrangers qui ont réservé entre janvier et mai leurs vacances en Grèce sur la plate-forme, pour des départs en juin, juillet et août. La destination favorite des voyageurs est l’île de Santorin, suivie de près par Corfou et la Crète. D’après l’office de tourisme grec, le top 5 des pays d’origine des visiteurs en Grèce affiche en pole position le Royaume-Uni, suivi de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et des Pays-Bas. En 2015, quelque 1052606 Français sont venus passer des vacances dans le pays, soit une hausse de 11% par rapport à 2014. Cependant, sur les quatre premiers mois de 2016, les réservations de billets d’avion de ressortissants français ont diminué(-6,1%).

Alors que,dans le même temps, les réservations de billets d’avion provenant du Royaume-Uni (+ 24,5 %), de Scandinavie (+ 7,5 %) et de Pologne (+ 8,9 %) ont enregistré un bond, toujours d’après l’OT grec.

 

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BOOSTER LE BALNÉAIRE
ET LE HAUT DE GAMME
La confédération grecque du tourisme vise désormais à consolider ces bons résultats

et à les améliorer en établis- sant un plan de développe- ment jusqu’en 2021. Le but premier est d’arriver chaque année à atteindre les 22 à 24 millions de touristes étrangers, et ce afin aussi de permettre la création de près de 1 million d’emplois dans le secteur. La SETE veut continuer à promouvoir la Grèce comme une destination de vacances balnéaires tout en attirant une clientèle haut de gamme avec un plus grand réseau d’hôtels de luxe. D’après l’office de tourisme, 61 % des arrivées de visiteurs étrangers se concentrent sur les mois de juin, juillet et août. Afin d’atténuer cette saisonnalité, la SETE a pour

objectif de dynamiser Athènes et Thessalonique, deux destinations idéales pour des city breaks en Europe à toute époque de l’an- née. Les deux villes pour- raient également devenir des lieux phares pour des conférences internationales, des meetings d’affaires et des événements culturels, es- time la confédération. Le tourisme nautique et les croisières vont également être encouragés, la SETE envisageant de créer davantage de marinas à travers le pays et d’ouvrir un nouveau centre d’ancrage pour les bateaux de croisières en Crète, à Héraklion. Enfin, le tourisme médical, grâce à la compétitivité des prix et la qualité des soins, devrait connaître un essor, notamment dans les domaines de la chirurgie esthétique, de la procréation assistée et de l’orthopédie.

Marina Rafenberg, à Athènes pour Tour Hebdo, publié dans le numéro de juillet-août 2016.

Renaissance de la capitale hellène Athènes, cité millénaire et dynamique

Longtemps délaissée par les touristes, associée aux émeutes urbaines, à la crise, Athènes fait peau neuve et offre une autre image aux visiteurs. Le temps d’un week-end de printemps, avant les grosses chaleurs, la capitale hellène surprend par son oscillation constante entre modernité et traditions.

Majestueuse et séculaire, elle domine la ville, elle est l’objet de tous les regards. L’Acropole constitue le point névralgique d’Athènes, le pont entre la métropole moderne et la cité antique. La balade piétonne (Dionysiou Aréopagitou) qui encercle le monticule, à l’abri de la circulation, séduit autant les locaux que les touristes.

Le chemin vous mène dans un premier temps au￿ musée de l’Acropole,flambant neuf!Sa mise en scène, lumineuse et aérée grâce à￿grandes baies vitrées, juxtapose les œuvres retrouvées sur le site et￿une vue plongeante sur le Parthénon, le temple dédié à la déesse Athéna. En poursuivant votre route sur la voie pavée, bifurquez vers la colline des Muses, où se trouve le monument funéraire érigé en l’honneur du sénateur romain Philoppapus. Au sommet, un panorama irrésistible se dévoile sous vos yeux￿: d’un côté l’Acropole et de l’autre la ville moderne, qui s’étend jusqu’au Pirée et à la mer. Avant l’ascension entre les oliviers et les pins, faites une pause à l’église byzantine d’Agios Dimitrios Loumbardiaris (XVe ￿siècle).

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L’Acropole vue de la colline des Muses. Photo: M.R

En redescendant la rue Dionysiou Aréopagitou, vous tomberez sur le quartier de Monastiraki. Le dimanche, le marché aux puces rassemble meubles anciens, vieux disques, timbres… Toute une ambiance ! Face à l’agora et au temple de Dionysos,laissez-vous tenter à midi par le restaurant Kuzina, une valeur sûre. Le chef s’amuse à mélanger les recettes grecques à d’autres saveurs internationales.

Si, par la suite, vous voulez continuer de vous immerger dans les vestiges de la cité antique, rejoignez le cimetière Kerameikos, pour une promenade bucolique en compagnie de tortues et de chats au milieu de stèles funéraires. Mais pour les adeptes d’art moderne, mieux vaut s’évader dans l’enceinte du musée Benaki, ouvert à l’occasion des Jeux Olympiques de 2004 (138 rue Pireos). De magnifiques expositions de photographie ou de design sont organisées dans un bâtiment à l’architecture épurée.

Au coucher du soleil, grimpez ! Sous l’Acropole,Plaka regorge de venelles aux maisons néoclassiques colorées,perdez-vous dans ce décor onirique. Au flanc du rocher, en suivant la rue Lysiou, vous tomberez dans un autre quartier, Anafiotika. Les ruelles en escaliers accueillent des cafés à l’ombre des bougainvilliers. En pour- suivant jusqu’à la cime de la colline, des maisonnettes blanches aux volets bleus rappellent les Cyclades. Pas étonnant, les habitants de l’île d’Anafi (située face à Santorin) sont à l’origine de ces constructions du XIXe￿siècle.

Des soirées animées

À la nuit tombée, les terrasses se remplissent, la ville vibre jusqu’au petit matin. À Monastiraki, le bar To Loukoumi (3 place Avissinias) dispose d’une vue imprenable sur l’Acropole￿: les Athéniens aiment y siroter un cocktail en écoutant de la musique

rock. À quelques mètres de là, la place Agia Irini est prise d’assaut. Pour un bon verre de vin, courez chez Vintage, dont la cave possède 200 crus grecs.

Autour de la rue Kerameikos, l’atmosphère est plus bohème. Vous y trouverez une des meilleures tables d’Athènes à moindre coût￿: Seychelles. Si vous préférez passer une soirée musicale, rendez-vous dans la taverne Mia zoi tin exoume (20 rue Sfaktiria), dont le nom signifie «￿Nous n’avons qu’une seule vie￿». Des chanteurs revisitent tous les succès de la variété grecque jusqu’au bout de la nuit.

Venir à Athènes le temps d’un court séjour est l’occasion de prendre le large. Filez le dimanche au Balux Café, à Glyfada, afin de barboter tout en sirotant un café frappé, ou rejoignez, plus loin sur la riviera, la plage de sable calme de Kavouri. Pour un dépaysement garanti, à seulement une heure, vous pouvez également prendre l’hydroglisseur jusqu’à l’île d’Égine, où un bain dans les eaux cristallines s’impose.

Athènes continue, malgré la crise, de se métamorphoser. De nouveaux projets sont déjà bien entamés￿: un musée d’art moderne installé dans une ancienne usine à bière doit ouvrir dans quelques mois, et la fondation de l’armateur Stavros Niarchos doit inaugurer d’ici à la fin 2016, dans la banlieue sud, un grand centre culturel conçu par Renzo Piano qui compren- dra un opéra, une grande bibliothèque et un immense parc. Un renouveau qui devrait attirer de plus en plus de visiteurs.

Marina Rafenberg

Article publié dans le Quotidien du Médecin le 7 avril 2016: Quotidien 7 avril 2016

 

Partir

Vols pour Athènes au départ de Paris par Aegean Airlines à partir de 170￿€￿ au printemps (www.aegeanair.com)

Hôtels

– Athens Was (5, rue Dionysos Aréopagitou), à deux pas du musée de l’Acropole, un￿hôtel ouvert en
avril 2015, décoré avec beaucoup de goût.￿Terrasse avec vue sur l’Acropole et la colline du Lycabette. Chambre double à partir de 180￿€, petit-déjeu- ner compris (www.athenswas.gr).
– Fresh (26, rue Sofokleous), autre hôtel tendance, plébiscité par les hommes d’affaires. Cafés et repas servis sur la terrasse au dernier étage, avec une vue magnifique sur la ville, petite piscine. À partir de 115￿€￿la chambre double (www.freshhotel.gr)

Restaurants

–Seychelles(49,rue Kerameikos), adresse prisée des Athéniens pour son ambiance bon enfant et sa cuisine succulente (purée de petit pois et pieuvre, joues de bœuf, pappardelle au fromage frais et au pastrami).
– Kuzina (9, rue Adrianou), face à l’Acropole, cuisine fusion (saveurs grecques, japonaises et orientales). Goûtez aux beignets fourrés à la feta recouverts d’une sauce à la grenade.
– Vintage (66, rue Mitropoleos), pour￿découvrir le vin et le fromage grecs. Viandes délicieuses, cuites à la perfection.

Renseignements

Sur la ville￿: http://www.thisisathens.org Office de tourisme grec￿: http://www.visitgreece.gr (sur ce site,
il est possible d’organiser un tour avec un Athénien, guide bénévole).

La Grèce veut encourager le tourisme hors saison

Alors que le pays bat un record de fréquentation en 2015, le gouvernement veut développer le tourisme hors saison dans la capitale et sur certaines îles comme Santorin.

Tour Hebdo :
                La Grèce veut encourager le tourisme hors saison
Entre janvier et octobre 2015, le nombre d’arrivées de touristes étrangers à Athènes a augmenté de 23,6%. ©DR

Avec 26 millions d’arrivées de touristes étrangers en Grèce en 2015 et des recettes d’au moins 14,5 milliards d’euros, le tourisme grec a battu des records, malgré une année agitée par des élections et la mise en place d’un contrôle des capitaux.

Conscient du potentiel du secteur touristique, le gouvernement veut aller encore plus loin et promouvoir le tourisme hors saison. Le tourisme urbain connaît déjà une embellie. Entre janvier et octobre 2015, le nombre d’arrivées de touristes étrangers à Athènes a augmenté de 23,6%. Sur 3.045.801 visiteurs enregistrés, 2.072.000 ont séjourné dans la capitale, alors que par le passé les vacanciers se dirigeaient directement vers les îles.

Le ministère du tourisme grec veut faire d’Athènes une destination européenne privilégiée pour des longs week-ends comme Berlin ou Rome. Pour faire la publicité d’Athènes, l’office du tourisme a ainsi lancé vingt-cinq nouveaux spots télévisés, réalisé neuf nouvelles publicités pour internet et participé à plusieurs salons du tourisme à l’étranger. Après trois années difficiles, entre 2010 et 2013, marquées par une mauvaise image et la fermeture de plusieurs grands hôtels, la ville revient sur le devant de la scène.

Six nouveaux hôtels haut de gamme ont ouvert ou vont ouvrir en 2016. Ainsi, en avril a été inauguré l’hôtel design”AthensWas” situé sur la promenade piétonne face à l’Acropole. En novembre, c’est l’hôtel de la fameuse compagnie grecque de literie Coco-mat qui s’est installé près de la place centrale de Syntagma.

Thessalonique et Santorin en vedette

La ministre déléguée au tourisme, Elena Koundoura, a également affirmé sa volonté, lors d’une  récente conférence de presse à Thessalonique, de développer le tourisme dans cette ville du Nord de la Grèce, encore peu connue des touristes étrangers mais présentant un grand intérêt culturel. “Thessalonique est une ville attrayante, et elle peut très bien devenir la principale destination pour les city breaks dans les Balkans“, a déclaré la ministre.

Outre les grandes villes, le tourisme dans les îles hors saison a également un fort potentiel grâce à la douceur du climat. Entre janvier et octobre, les arrivées à l’aéroport de Santorin ont augmenté de 17,7%. Mais alors que les années précédentes, les infrastructures touristiques fermaient de novembre à avril, cette année la municipalité et le gouvernement ont persuadé cent hôteliers de rester ouverts en continu.

Le secteur touristique va être aidé par la multiplication des liaisons aériennes vers l’île célèbre des Cyclades : cinq vols par jour sont ainsi prévus depuis Athènes durant toute l’année. Le ferry depuis le port du Pirée se rendra également quotidiennement à Santorin. Mis à part les Chinois qui viennent déjà beaucoup hors saison à Santorin, une demande importante vient également de pays comme l’Inde ou le Brésil.

Pour la ministre déléguée au tourisme, “Santorin peut devenir un exemple pour d’autres destinations en Grèce qui développeront à leur tour le tourisme hors saison”. Le gouvernement tient à mettre en valeur un autre type de tourisme adapté à toutes les saisons : tourisme pour troisième âge, parcours gastronomique et viticole, randonnées et activités sportives…

Marina Rafenberg, à Athènes

Article publié dans Tour Hebdo le 15/12/15.

En direct de Grèce : la fréquentation touristique bat des records

Suite à la mise en place d’un contrôle des capitaux, la fermeture des banques et l’arrivée massive de migrants, le secteur touristique craignait une baisse de la fréquentation. 

 

Tour Hebdo :                En direct de Grèce : la fréquentation touristique bat des records

Les hôteliers ont peur de l’impact de la hausse de la TVA dans les îles. Photo: DR.

Selon la Confédération grecque du tourisme (SETE), la fréquentation en Grèce bat des records cette année malgré les craintes liées à la fermeture des banques fin juin et la mise en place d’un contrôle des capitaux. Ces mesures n’ont pas affecté les ressortissants étrangers qui pouvaient retirer de l’argent au guichet automatique sans restriction.

D’après la SETE, du début de l’année jusqu’au 31 juillet, la fréquentation dans les aéroports du pays a augmenté de 6,9% par rapport à la même période de 2014. Athènes enregistre l’augmentation la plus spectaculaire avec, pour le seul mois de juillet, une fréquentation en hausse de 28% par rapport à l’an dernier.

D’après la Banque de Grèce, les recettes touristiques ont également été accrues ces six derniers mois de l’ordre de 8,2%, soit 311 millions d’euros supplémentaires en comparaison de 2014.

Les touristes américains ont dépensé en moyenne 1066 euros par séjour, les Britanniques 756 euros et les Français 688 euros. Plébiscité par les touristes étrangers, le pays a réussi à compenser la baisse du tourisme domestique, les Grecs ayant peu voyagé cet été en raison de la mise en place du contrôle des capitaux et en général de leur baisse de pouvoir d’achat depuis le début de la crise.

160 000 migrants depuis janvier

Outre la fermeture des banques et la mise en place du contrôle des capitaux, la Grèce a dû faire face à l’arrivée depuis janvier de 160 000 migrants dans les îles de la mer Egée frontalière avec la Turquie. Les images diffusées dans les médias étrangers laissaient craindre aux hôteliers et commerçants des îles de Kos, Rhodes ou Lesbos de mauvaises répercussions. Mais à Lesbos, la baisse de fréquentation était plus liée aux Grecs (-40%) qu’aux visiteurs étrangers.

Malgré ces bons résultats, les professionnels du secteur restent prudents face à la hausse de la TVA dans les îles et la restauration (passant de 13 à 23%) et à l’échéance des prochaines élections législatives, le 20 septembre.

Le Président de la SETE, Andreas Andreadis, a déclaré à la presse que le tourisme allait supporter cette “nouvelle aventure” tout en espérant qu’un gouvernement stable sorte de ces élections. En septembre et en octobre, 5,5 millions de touristes étrangers sont encore attendus dans le pays, ce qui lui permettra de battre le record de l’année dernière et de dépasser les 25 millions de visiteurs étrangers en 2015.

Marina Rafenberg, à Athènes.

Article publié dans Tour Hebdo le 28/08/15.