GRÈCE : MALGRÉ LA COLÈRE POPULAIRE, LE PARLEMENT VOTE DE NOUVELLES MESURES D’AUSTÉRITÉ

| De notre correspondante à Athènes | vendredi 19 mai 2017

C’est une nouvelle cure de rigueur que le Parlement grec a votée dans la nuit de jeudi à vendredi. Athènes s’est engagée auprès de ses créanciers à économiser près de 5 milliards d’euros. Dans la rue, les Grecs se mobilisent contre Alexis Tsipras.

 

Par Marina Rafenberg

 

« C’est un quatrième mémorandum qui va nous mener à la pauvreté », crie au micro un syndicaliste aux manifestants qui se sont rassemblés jeudi soir sur la place Syntagma. Face à eux, le Parlement, dans lequel sont réunis les députés qui s’apprêtent à voter de nouvelles mesures d’austérité.

« Nos dirigeants sont les esclaves des créanciers, ils ne pensent pas au peuple grec qui s’enfonce dans la misère ! », s’indigne Dimitris, 79 ans, qui touche une retraite de 720 euros et ne se résout pas à une nouvelle baisse de sa pension.

Certains manifestants brûlent des drapeaux du Syriza, le parti du Premier ministre grec Alexis Tsipras. « Il nous a déçus. Finalement, il est comme les autres, il a cédé et maintient une politique d’austérité ! », regrette Sakis, un journaliste au chômage. « Si des élections étaient organisées maintenant, Tsipras ne ferait plus que 10% », pronostique-t-il.

Mercredi, Sakis a participé au défilé organisé lors de la grève générale lancée par les syndicats. Métro, bus, tramway ont fonctionné au ralenti, comme les hôpitaux grâce au personnel d’astreinte, les bateaux sont restés à quais et les écoles fermées.

Malgré la colère, le Parlement grec a voté tard dans la soirée de jeudi les réformes devant dégager 4,9 milliards d’euros d’économie. Le gouvernement grec s’y était engagé lors de l’Eurogroupe du 7 avril à Malte afin de débloquer un nouveau prêt dont Athènes a besoin d’ici le mois de juillet pour éviter la faillite.

Les mesures votées contiennent notamment une nouvelle réforme des retraites, la quatorzième en sept ans. Dès 2018, les retraites de plus d’un million de retraités (sur 2,6 millions) vont encore baisser jusqu’à 18%. D’après les chiffres officiels, elles ont déjà diminué en moyenne de 40% depuis le début de la crise. De nouvelles hausses d’impôts et des cotisations sociales sont également prévues.

Selon le gouvernement grec, cette énième cure de rigueur doivt ouvrir la voie à un allègement de sa dette, qui atteint 179 % du PIB.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s