A Athènes, « après sept ans d’austérité, on ne voit toujours pas le bout du tunnel »

Alors que les ministres des finances de la zone euro se réunissaient lundi à Bruxelles, les Grecs observaient sans grand enthousiasme et avec lassitude cette énième réunion.

LE MONDE ECONOMIE | 23.05.2017

Athènes, correspondance – MARINA RAFENBERG (intérim)

A Athènes, place Syntagma, Eleni Stergiou arrête les passants et tente de les diriger vers le cabinet de chirurgie esthétique pour lequel elle travaille. « Après sept ans d’austérité, nous ne voyons pas le bout du tunnel. La crise n’est pas finie ! La preuve, j’en suis réduite à faire ce petit boulot, où je suis payée selon le nombre de clientes qui viennent au centre médical », explique la quadragénaire qui a perdu son emploi de commerciale il y a cinq ans.

La énième réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles, qui s’est tenue, lundi 22 mai, afin de trouver un accord sur le déblocage d’une nouvelle tranche de prêts et sur la dette publique abyssale ne déclenche pas l’enthousiasme à Athènes. « Je perds le fil avec toutes ces réunions bruxelloises, où le gouvernement grec espérait obtenir une petite victoire qui s’est finalement soldée par plus d’austérité », soupire Mme Stergiou.

« Mauvais choix économiques »

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A 26 ans, Despina n’est pas plus optimiste. La jeune femme a vu la plupart de ses amis partir à l’étranger. « Malheureusement, la Grèce ne va pas se remettre de cette crise avant une bonne décennie… Notre génération a deux choix, soit s’exiler, soit rester au pays avec des salaires de misère », constate cette employée d’une compagnie de téléphonie.

Sur un banc ombragé de la place Syntagma, où des milliers de manifestants s’étaient rassemblés il y a quelques jours pour protester contre de nouvelles mesures de rigueur votées au Parlement, Vangelis, 38 ans, chômeur, ne voit pas l’intérêt du débat sur la dette. « Est-ce que l’allégement de la dette publique va avoir une incidence directe sur le citoyen moyen ? Même si un jour un accord était trouvé, est-ce que le gouvernement pourrait à nouveau augmenter les retraites, créer de l’emploi, baisser l’imposition sur les entreprises ? », se demande-t-il dépité. Vangelis avait voté pour Alexis Tsipras en 2015, mais il le regrette : « Nos dirigeants se plaignent de ne pas avoir de marge de manœuvre pour mener leur politique économique. C’est trop facile ! »

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« Les Grecs sont lassés »

Un avis partagé par Stamatis, 73 ans. « Tsipras a fait de mauvais choix économiques en conservant un secteur public coûteux et en taxant les entreprises. Il n’y a pas d’issue à la crise ainsi… », souligne ce retraité, qui touche une pension de 1 020 euros. Avec la quatorzième baisse des retraites votée au Parlement, le 18 mai, Stamatis perdra, à partir de 2018, 200 euros supplémentaires par mois. « Le gouvernement annonce vouloir prendre des mesures sociales pour contrer ces nouvelles mesures d’austérité. La distribution gratuite de nourritures aux enfants dans les écoles, c’est une bonne idée. Mais en quoi cela va-t-il compenser les baisses de retraite qui aidaient les familles toutes entières ? », s’offusque-t-il en feuilletant le journal Ta Nea. « Rendez-vous en 2018 », titrait le quotidien de centre gauche, prévoyant qu’aucun accord sur un allégement de la dette ne serait trouvé, lundi 22 mai.

Dans son bureau surplombant la place Syntagma, un député de Syriza, sous couvert d’anonymat, comprend l’amertume de la population. « Les Grecs sont lassés, ils voient depuis 2010 leurs salaires et leurs retraites baisser, les impôts augmenter… Mais la question de la dette devrait les intéresser !, assure-t-il confiant. La Grèce a désormais tous les avantages pour attirer les investisseurs étrangers : la main-d’œuvre, la terre, les produits sont bon marché, il ne reste qu’à lever l’incertitude sur la dette… Une fois que cette question sera réglée, le spectre de la faillite ne sera plus à l’horizon, l’économie pourra redémarrer ! »

 

GRÈCE : MALGRÉ LA COLÈRE POPULAIRE, LE PARLEMENT VOTE DE NOUVELLES MESURES D’AUSTÉRITÉ

| De notre correspondante à Athènes | vendredi 19 mai 2017

C’est une nouvelle cure de rigueur que le Parlement grec a votée dans la nuit de jeudi à vendredi. Athènes s’est engagée auprès de ses créanciers à économiser près de 5 milliards d’euros. Dans la rue, les Grecs se mobilisent contre Alexis Tsipras.

 

Par Marina Rafenberg

 

« C’est un quatrième mémorandum qui va nous mener à la pauvreté », crie au micro un syndicaliste aux manifestants qui se sont rassemblés jeudi soir sur la place Syntagma. Face à eux, le Parlement, dans lequel sont réunis les députés qui s’apprêtent à voter de nouvelles mesures d’austérité.

« Nos dirigeants sont les esclaves des créanciers, ils ne pensent pas au peuple grec qui s’enfonce dans la misère ! », s’indigne Dimitris, 79 ans, qui touche une retraite de 720 euros et ne se résout pas à une nouvelle baisse de sa pension.

Certains manifestants brûlent des drapeaux du Syriza, le parti du Premier ministre grec Alexis Tsipras. « Il nous a déçus. Finalement, il est comme les autres, il a cédé et maintient une politique d’austérité ! », regrette Sakis, un journaliste au chômage. « Si des élections étaient organisées maintenant, Tsipras ne ferait plus que 10% », pronostique-t-il.

Mercredi, Sakis a participé au défilé organisé lors de la grève générale lancée par les syndicats. Métro, bus, tramway ont fonctionné au ralenti, comme les hôpitaux grâce au personnel d’astreinte, les bateaux sont restés à quais et les écoles fermées.

Malgré la colère, le Parlement grec a voté tard dans la soirée de jeudi les réformes devant dégager 4,9 milliards d’euros d’économie. Le gouvernement grec s’y était engagé lors de l’Eurogroupe du 7 avril à Malte afin de débloquer un nouveau prêt dont Athènes a besoin d’ici le mois de juillet pour éviter la faillite.

Les mesures votées contiennent notamment une nouvelle réforme des retraites, la quatorzième en sept ans. Dès 2018, les retraites de plus d’un million de retraités (sur 2,6 millions) vont encore baisser jusqu’à 18%. D’après les chiffres officiels, elles ont déjà diminué en moyenne de 40% depuis le début de la crise. De nouvelles hausses d’impôts et des cotisations sociales sont également prévues.

Selon le gouvernement grec, cette énième cure de rigueur doivt ouvrir la voie à un allègement de sa dette, qui atteint 179 % du PIB.

GRÈCE : LA PREMIÈRE MOSQUÉE OFFICIELLE D’ATHÈNES N’EST PAS LA BIENVENUE

| De notre correspondante à Athènes | lundi 15 mai 2017

Athènes est la dernière capitale de l’Union européenne sans mosquée officielle et les musulmans désespèrent de voir leur lieu de culte inauguré. Promise par le gouvernement pour le mois de mai, l’ouverture a désormais été reportée à la fin de l’été. Reportage.

 

Par Marina Rafenberg

À Eleonas, dans la banlieue ouest d’Athènes, rien ne laisse entrevoir qu’une mosquée va être érigée au milieu des entrepôts et des stations essences. Des tôles et des barbelés empêchent d’apercevoir le bâtiment et l’avancée des travaux. Aucun minaret ne flanque l’édifice. Seuls des graffitis contre la construction de la mosquée et des petites croix en bois permettent de situer le futur lieu de culte. « Non à la mosquée », « Vive l’orthodoxie », peut-on lire sur les murs de l’entrée du chantier.

Athènes est la seule capitale européenne où il n’y a aucune mosquée officielle, alors même que la population musulmane s’élève à plus de 200 000 personnes et s’agrandit avec l’arrivée de réfugiés de Syrie, d’Afghanistan ou du Pakistan. Seule la Thrace, au Nord-Ouest du pays, possède des mosquées et des cimetières musulmans. Une importante minorité turque y vit.

La construction d’une mosquée à Athènes est un projet qui remonte à une dizaine d’années. « Depuis 2006, je me bats pour qu’on ait une mosquée, mais ma patience commence à s’épuiser », se désole Naim Elgandour, le président de l’association musulmane de Grèce. « Il est tout à fait légitime d’avoir une mosquée comme dans toutes les autres capitales européennes. Mais nous avons eu droit à des mensonges à répétition, à un manque de volonté politique. Encore récemment, le ministère de l’Enseignement et des Cultes nous avait promis que la mosquée serait prête en avril pour nous annoncer quelques semaines plus tard que son fonctionnement n’était prévu qu’en août… »

UNE MOSQUÉE À PARTAGER ENTRE SUNNITES ET CHIITES

« Les travaux de la mosquée devraient se terminer autours du 15 mai, mais son fonctionnement ne sera pas immédiat, car il faut d’abord décider de la manière dont elle sera gérée », explique Giorgos Kalantzis, le secrétaire général aux Cultes. « L’imam doit notamment être choisi lors d’un conseil administratif composé de cinq représentants de la communauté musulmane et du ministère de l’Éducation et des Cultes, mais ses membres n’ont pas encore été désignés. »

La majorité des musulmans d’Athènes sont sunnites, mais il faut que les chiites puissent aussi avoir un lieu de culte. Même si l’imam officiel de la mosquée sera sunnite, les chiites pourront décider d’avoir un autre imam. La mosquée sera un lieu géré par l’État qui pourra décider de louer la salle aux différentes tendances de la religion musulmane.

Ce n’est qu’à partir de 2013 que le projet de la mosquée a été relancé. Le 4 août 2016, le Parlement grec a finalement voté un amendement qui doit permettre la construction du lieu de culte à Eleonas. La mosquée devrait faire 500 m² pour une capacité d’accueil de 400 fidèles. Son coût est estimé à 946 000 euros et tous les frais sont couverts par l’État.

L’OPPOSITION DES HABITANTS DU QUARTIER

Après cinq appels d’offres, c’est donc le site d’Eleonas, quartier moins résidentiel qu’industriel, qui a été retenu. Mais il ne fait pas que des contents dans les environs. Des rassemblements regroupant habitants du quartier, militants du parti néo-nazi Aube dorée et représentants de l’Église orthodoxe ont déjà été organisés à plusieurs reprises.

Dans une station essence, près du chantier, Stavros ne mâche pas ses mots : « Cette mosquée ne va nous apporter que des problèmes. Déjà qu’entre musulmans, entre sunnites et chiites, ils ne s’aiment pas… J’ai peur que cela ne crée des bagarres, que ce quartier ne soit plus tranquille, qu’il se remplisse de réfugiés et de migrants ». Son ami Andreas, pompiste, ajoute : « Les habitants des alentours et les commerçants ne veulent pas de la mosquée, nous allons recueillir des signatures pour qu’elle n’ouvre pas. On aurait dû être consultés davantage par le ministère ».

Devant l’université d’Agriculture, Kostas, la vingtaine, se montre plus mesuré : « Il y aura toujours des gens pour s’opposer à la construction d’une mosquée dans leur quartier, mais les musulmans de notre pays ont droit à un lieu de culte. Eleonas n’est pas un quartier d’habitations, il y a beaucoup de friches industriels, la fac, ce n’est pas comme si c’était en plein centre d’Athènes. Il n’y aura pas d’appel à la prière, pas de minaret, donc je ne vois pas où est le problème ».

L’ENJEU DE LA LÉGALISATION DES MOSQUÉES NON-OFFICIELLES

En attendant l’ouverture de la mosquée, les musulmans pratiquants doivent prier dans des mosquées cachées dans des entrepôts ou des sous-sols. « Actuellement, il y a 70 salles de prières à Athènes, non officielles, qui doivent justement se doter auprès du ministère d’un permis de fonctionnement », affirme Giorgos Kalantzis. « Il faut que ce soit des lieux sûrs, avec des sorties de secours adaptées, des extincteurs, etc. Les lieux qui n’auront pas eu de permis du ministère devront fermer. »

À Kalithea, quartier où de nombreux Égyptiens résident depuis des années, plusieurs salles de prières n’ont pas encore reçu le fameux permis du ministère. Ali n’avait pas connaissance du lieu de construction de la future mosquée. Il assure que, de toute façon, il n’ira pas jusqu’à Eleonas pour prier, il veut continuer de pouvoir aller à sa salle de prière près de chez lui.

Le responsable de sa salle de prière, un Égyptien qui habite en Grèce depuis dix ans, d’abord réticent, finit par s’exprimer sur le sujet : « Nous sommes en négociations avec le ministère pour avoir un permis. Une seule mosquée pour 300 personnes ne suffira pas. Dans la capitale, on compte environ 300 000 musulmans. Il faut d’autres lieux de culte pour les accueillir », affirme-t-il. « D’ici quelques semaines, nous devrions avoir le permis pour continuer à faire fonctionner notre salle de prière, mais nous irons tout de même par curiosité voir la nouvelle mosquée quand elle ouvrira. »

En Grèce, le grand désarroi des retraités

Les syndicats se mobilisent mercredi contre les nouvelles mesures d’austérité et une énième réforme des retraites.

LE MONDE ECONOMIE | 16.05.2017 à 10h59 • Mis à jour le 17.05.2017 à 06h42 | Par Marina Rafenberg (Athènes, intérim)

« Notre futur est incertain. Chaque année, de nouvelles baisses des pensions de retraites et de nouveaux impôts nous tombent dessus. Nous ne savons pas combien de temps nous allons encore pouvoir vivre sur nos économies », constate, amer, Costas Theodorakopoulos, 70 ans.

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La Grèce et ses créanciers – Banque centrale européenne (BCE), Mécanisme européen de stabilité (MES) et Fonds monétaire international (FMI) – ont conclu, le 7 avril à Malte, un accord prévoyant de réduire les dépenses du pays de l’équivalent de 2 % du produit intérieur brut (PIB) entre 2019 et 2020. Il s’agit de réaliser plus de 3,6 milliards d’euros d’économies.

Pour protester contre ce nouveau train d’austérité, les syndicats du privé et du public ont appelé à une grève générale de 24 heures mercredi 17 mai. Car pour tenir cet objectif d’économies, le Parlement grec doit voter, jeudi, une énième réforme des retraites : la quatorzième depuis 2010.

La pension moyenne a chuté de 40 % depuis 2010

« Pour nos dirigeants, il est plus facile de couper dans nos pensions que de trouver de l’argent en luttant contre la corruption et l’évasion fiscale ! Mais, les retraités ne doivent pas être les sacrifiés de cette crise économique, il faut que le gouvernement fasse des économies ailleurs ! », déclare M. Theodorakopoulos, qui tenait jusqu’à ses 68 ans une pépinière à Egaleo, dans la banlieue est d’Athènes.

Après quarante-quatre années de cotisations, il devrait percevoir une retraite de 900 euros par mois, mais il est toujours dans l’attente de la liquidation de son dossier pour pouvoir commencer à toucher pleinement sa pension. « Seule une avance de 500 euros par mois m’est allouée pour le moment », explique-t-il, excédé par les retards pris par l’administration.

Selon les chiffres officiels fournis par le ministère grec des finances, dans sa base de données Helios, la pension moyenne en Grèce s’élève à 833 euros ; un montant qui a chuté de près de 40 % depuis 2010. L’épouse de M. Theodorakopoulos, Eleni, fonctionnaire à la retraite depuis sept ans, a vu sa pension fondre de 1 200 euros par mois à 850 euros.

« J’ai l’impression d’avoir été floué ! »

« Nous faisons des économies sur l’essence, le chauffage, les sorties, les vacances… Mais nous devons tout de même aider notre fille de 30 ans, au chômage depuis plus d’un an et sans allocation ! », raconte l’ancien pépiniériste.

En Grèce, où 24 % de la population active et près d’un jeune de moins de 30 ans sur deux sont sans emploi, la moitié des ménages compte sur la retraite de leurs parents ou grands-parents pour vivre, selon Savvas Robolis, professeur à l’université d’Athènes Panteion, spécialisé sur les questions de sécurité sociale.

Konstantinos Lionas, 72 ans, aide lui aussi son fils, qui, après la faillite de son entreprise, doit éponger des dettes importantes. « En sept ans, ma retraite de commerçant est passée de 1 660 euros à 1 080 euros. Et je ne suis pas le plus mal loti. Comme je suis propriétaire, au moins je ne crains pas de me faire expulser de mon logement. Mais je trouve aberrant de devoir subir encore une nouvelle baisse de mes revenus dans les années à venir comme le prévoit le dernier accord signé par le gouvernement avec les créanciers… J’ai travaillé toute ma vie depuis mes 12 ans, cotisé pour profiter de mes vieux jours, j’ai l’impression d’avoir été floué ! », s’exclame cet Athénien en colère.

D’après l’association Réseau principal des retraités, les nouvelles mesures, qui doivent être votées par le Parlement jeudi, prévoient la diminution en moyenne de 18 % du montant des pensions pour près d’un million de retraités.

« Nous nous enfonçons dans la misère »

En mai 2016, le gouvernement du premier ministre Alexis Tsipras avait déjà passé une réforme de retraites contestée. Cette loi prévoit de repousser l’âge du départ de 62 à 67 ans d’ici à 2022 ; les cotisations sociales pour les professions libérales, les indépendants et les autoentrepreneurs ont été augmentées considérablement et l’allocation de solidarité EKAS pour les retraites inférieures à 700 euros doit être progressivement supprimée d’ici à 2019.

A 95 ans, Christos Papazoglou, pâtissier à la retraite, comptait bien sur la centaine d’euros de cette aide. « Actuellement, je ne touche que 665 euros par mois et je dois en même temps payer près de 200 euros d’eau, d’électricité, de téléphone, d’impôts… et subir en plus l’augmentation de la TVA sur tous les produits, même alimentaires », soupire le vieil homme, qui, malgré son âge avancé, compte faire le déplacement depuis sa Crète natale pour participer à la manifestation contre les nouvelles mesures d’austérité.

« Il faut continuer à se mobiliser, nous nous enfonçons dans la misère. J’ai connu la guerre et je ne pensais pas un jour revivre des situations d’appauvrissement comme celle que nous vivons aujourd’hui ! », soutient M. Papazoglou, qui fait des économies sur tout. « Imaginez-vous qu’il m’arrive de m’éclairer à la bougie certains soirs ! », lance-t-il.

« Nos retraites ne servent qu’à survivre ! »

Pour Olga Lappas, 82 ans, impossible de protester mercredi. Sa santé l’en empêche. « Honnêtement, nous ne suivons même plus les baisses de retraite, mais de mois en mois ça devient de plus en plus difficile », note cette ancienne assistante sociale, qui vit dans la banlieue nord d’Athènes et dont la pension a été réduite de 30 % depuis le début de la crise.

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« Nous avons diminué toutes nos dépenses, mais pas celles indispensables à notre santé. Les rendez-vous chez les médecins, les déplacements en taxi, les médicaments, tout cela n’est pas pris en charge par la sécurité sociale. Nous sommes obligés d’aller dans le privé car sinon il faut attendre des mois pour obtenir un rendez-vous. Quant à la personne qui vient nous aider à domicile, nous la payons de notre poche faute d’aide de l’Etat », explique-t-elle avant d’arriver à ce triste constat : « Actuellement, nos retraites ne servent qu’à survivre ! »
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