GRÈCE : CAZENEUVE À ATHÈNES POUR NÉGOCIER LES EXIGENCES DES CRÉANCIERS

De notre correspondante à Athènes |Pour le Courrier des balkans;  vendredi 3 mars 2017

 

Bernard Cazeneuve, le Premier ministre français, se rend aujourd’hui à Athènes, alors que le gouvernement d’Alexis Tsipras est en négociation pour conclure l’évaluation des réformes exigées par les créanciers du pays. Si aucune solution n’est trouvée avant l’été, la Grèce risque la faillite.

Par Marina Rafenberg

À Athènes, l’annonce de la visite du Premier ministre français Bernard Cazeneuve n’a pas fait beaucoup de bruit. Le préoccupation première, cette semaine, c’est le retour des créanciers du pays (BCE, Commission européenne, FMI), qui négocient pour évaluer le paquet de réformes prévues par l’accord signé à l’été 2015. En juillet, la Grèce doit à nouveau rembourser des prêts et, sans accord avec les créanciers avant cette échéance, le pays se trouvera dans l’incapacité d’honorer ses dettes et il risque la faillite.

Les représentants des créanciers qui ont rencontré les ministres des Finances et du Travail ont notamment discuté de la possibilité de prolonger les mesures d’austérité après 2018. Une hypothèse à laquelle s’est pour le moment refusé le gouvernement d’Alexis Tsipras. Les retraites pourraient même être de nouveau rabotées. Mercredi, une manifestation était organisée devant l’hôtel Hilton, où les représentants des créanciers ont installé leur QG. Jeudi, c’était au tour du corps médical et du personnel hospitalier de se mobiliser.

La Grèce a changé et elle est en train de réussir. Il faut l’accompagner dans cette réussite.

Dans ce contexte tendu, l’arrivée de Barnard Cazeneuve n’est pas une si mauvaise nouvelle pour Alexis Tsipras. La France plaide, tout comme le FMI, pour un allègement de la dette grecque qui s’élève actuellement à près de 180% du PIB. Sans mesures d’allègement (baisse des taux d’intérêt dans les remboursements des prêts ou allongement des périodes de remboursement), elle pourrait atteindre 275 % du PIB selon le FMI. Mais Berlin ne semble pas prêt à accepter une telle initiative. Michel Sapin, le ministre français de l’Économie et des Finances, a lundi estimé que « la Grèce a changé et qu’elle est en train de réussir. Il faut l’accompagner dans cette réussite et le faire jusqu’au bout pour lui permettre en 2018 de revenir sur les marchés ».

Outre une discussion avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, Bernard Cazeneuve, qui est accompagné de Michel Sapin et du secrétaire d’État aux affaires européennes, Harlem Désir, doit s’entretenir avec des dirigeants d’entreprises françaises implantées en Grèce et rencontrer des demandeurs d’asile qui vont être relocalisés en France en mars. Dans le cadre du programme européen adopté en octobre 2015 qui permet aux réfugiés d’être transférés vers d’autres pays européens, la France a accueilli près de 2 800 personnes, bien loin des objectifs fixés de 400 réfugiés relocalisés chaque mois depuis la Grèce.

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