« 4.1 MILES » : UN DOCUMENTAIRE GREC SUR LA CRISE DES RÉFUGIÉS NOMINÉ AUX OSCARS

| De notre correspondante à Athènes | dimanche 26 février 2017

Le documentaire 4.1 Miles réalisé par Daphné Matziarakis retrace le quotidien d’un garde-côte de l’île de Lesbos, porte d’entrée privilégiée des réfugiés en Europe ces dernières années.

 

Par Marina Rafenberg

« Quand je suis retournée en Grèce pour faire un film sur la crise des réfugiés, j’ai découvert une situation que je n’aurais jamais imaginée possible », explique au New York Times Daphné Matziaraki, la réalisatrice grecque installée à San Francisco. Le titre du documentaire 4.1 miles fait référence à la distance qui sépare les côtes turques de l’île grecque de Lesbos.

En octobre 2015, Daphné Matziaraki est montée à bord d’un bateau de patrouille pour une période de trois semaines. Elle a suivi le quotidien d’un garde-côte, Kyriakos Papadopoulos, amené à secourir des milliers de réfugiés traversant la mer Égée à bord de canots surchargés. La première fois que le navire de Kyriakos a dû venir en aide à des réfugiés, c’était en septembre 2001. À l’époque, dix Afghans avaient été tirés des eaux profondes. Fin 2014, à Lesbos, entre 50 et 100 réfugiés arrivaient quotidiennement. En 2015, un million de réfugiés ont accosté sur les côtes grecques, dont la majorité à Lesbos. De garde-côtes à sauveteurs, Kyriakos et son équipe ont dû s’adapter à la situation.

À son arrivée à Lesbos, Daphné Matziaraki a été surprise par le manque d’aide dont bénéficiaient les locaux pour faire face à la crise, comme elle le raconte dans une tribune au New York Times : « Ils avaient l’air complètement abandonnés, comme si le monde leur avait laissé gérer seuls une crise humanitaire énorme ». Malgré les difficultés, Kyriakos Papadopoulos n’a jamais songé à se faire muter vers un poste plus tranquille : « Il y a eu des moments très durs », souligne-t-il dans le quotidien grec Kathimerini. « Mais quand tu sauves une personne ou plus, cela te donne la force de continuer. J’oublie toutes les scènes horribles et je vais de l’avant. »

Avec ce documentaire d’une vingtaine de minutes, filmé avec réalisme, la caméra proche des personnages et en temps réel lors d’une mission en mer, la réalisatrice nous interroge. « Cela nous conduit à nous poser la question de notre responsabilité collective, le choix que nous faisons pour nous-mêmes et pour les autres. Nous ne sommes pas tous confrontés de manière immédiate avec la crise des réfugiés comme le capitaine dont j’ai fait le portrait ici. Mais alors que notre monde devient de plus en plus interconnecté et violent, nous sommes tous face à des choix : agirions-nous comme il le fait pour sauver la vie d’étrangers ? », commente-t-elle dans les colonnes du New York Times.

Ce 26 février, le verdict des Oscars tombera dans les États-Unis de Donald Trump et donnera sans doute l’occasion à Daphné Matziaraki de passer un message plus que jamais d’actualité.

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