GRECE: LE PAYS SE VIDE DE SA POPULATION

| mardi 24 janvier 2017

La crise économique a aussi de lourdes conséquences démographiques : les femmes font moins d’enfants, les décès augmentent du fait de la faillite du système de santé publique, et les jeunes s’exilent massivement. La population grecque diminue de manière drastique.

 

Par Marina Rafenberg

La population grecque est passée de 11,1 millions en 2011 à 10,8 millions de personnes en 2016, selon l’Office grec des statistiques (ELSTAT). Le nombre de décès en 2015 a atteint 121 212 personnes, un chiffre record depuis 1932 si on exclut la période 1941-1949 avec la Seconde guerre mondiale et la guerre civile qui a suivi. Parallèlement, le nombre de naissances n’a cessé de baisser : de 114 766 en 2010, elles ne s’élevaient plus qu’à 94 134 en 2013 et à 91 847 en 2015.

Et cette tendance ne risque pas de s’inverser, prévoit Vironas Kotsamanis, professeur de démographie de l’Université de Thessalonique : « Pour les vingt prochaines années, la balance naissance-décès va rester négative en Grèce et l’écart risque même d’augmenter. Le nombre de décès va augmenter car les générations qui sont nées après les années 1950 dans les années du baby-boom grec ont désormais plus de 65 ans. Les naissances non plus ne vont pas augmenter car les femmes en âge de procréer ne constituent pas une grosse part de la population et le taux de fertilité reste bas ». Pour éviter un déclin de la population, ce taux de fertilité doit en effet être d’au moins deux enfants par femme. Or avant la crise économique, le taux de fertilité grec était déjà de 1,5 et, en 2012, il avait baissé à 1,3 enfant par femme.

D’après une étude de Médecins du Monde, 4 femmes sur 10, en Grèce, ont décidé en 2014 d’avoir « moins d’enfants ou pas d’enfants du tout » en raison de la situation économique et de la peur de perdre leur emploi. Le taux de chômage touche près de 25% de la population mais les femmes sont près de 30% à être sans emploi. Ainsi, estime Médecins du Monde, près d’une femme sur quatre née dans les années 1970 n’a pas d’enfant.

ET LES JEUNES QUITTENT LE PAYS

À cela s’ajoute un autre phénomène qui a des effets dévastateur sur la démographie du pays : l’émigration des jeunes Grecs, en particulier chez les diplômés. À titre d’exemple, 190 000 scientifiques grecs travaillent actuellement à l’étranger, selon Lois Lambrianidis, professeur de l’Université de Macédoine.

Cette balance démographique négative et l’émigration massives des jeunes sont un poids de plus pour le pays qui est en récession depuis sept ans, compromettant un peu plus le financement de la sécurité sociale et des pensions de retraite pour les plus âgés et les plus vulnérables.

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