RÉFUGIÉS EN GRÈCE : À ATHÈNES, DES TENTES SUR LES SITES DES JO DE 2004

|mardi 31 janvier 2017

C’est ici qu’ont été disputées les épreuves de baseball et de canoë-kayak des Jeux Olympiques de 2004. Bradé à un fonds d’investissement dans le cadre du plan de privatisation, l’ancien aéroport athénien d’Ellinikó doit un jour accueillir des hôtels de luxe et un golf. Pour l’instant, il sert de refuge provisoire à plus de 2200 réfugiés.

 

Texte et photos : Marina Rafenberg

Entre 1945 et 1960, le site d’Ellinikó, dans la banlieue d’Athènes, a été utilisé par l’armée américaine pour relier la Grèce au Moyen-Orient. Construit en 1938, l’aéroport ne fut ouvert au public qu’en 1969, après la mise en service du terminal est, réalisé par l’architecte américain d’origine finlandaise Eero Saarinen. À la fin du XXe siècle, il accueillait entre dix et douze millions de passagers par an. En 2001, le site ferme ses portes, remplacé par le plus moderne aéroport Eleftherios Venizelos de Spata, dans la banlieue nord de la capitale grecque. Durant les Jeux Olympiques de 2004, les 623 hectares du complexe d’Ellinikó accueillent les épreuves de hockey sur gazon, de baseball, de canoë-kayak et d’escrime. Depuis, comme de nombreuses autres infrastructures, Ellinikó avait été laissé à l’abandon, jusqu’à sa vente par le Fonds de privatisation mis en place par les créanciers pour renflouer les caisses de l’État grec.

Pourtant, depuis septembre 2015, ce ne sont pas des investisseurs qui se sont installés sur le site d’Ellinikó, mais près de 2200 réfugiés, en majorité venus d’Afghanistan. Un temps entassés dans le port du Pirée, sous les yeux des Athéniens et des touristes, ils ont été transférés par le gouvernement sur ce terrain vague géré par l’armée, où opèrent également de nombreuses ONG comme Médecins du Monde et Save the Children. Une centaine de tentes du Haut Commissariat aux Réfugiés ont été montées, mais ces dernières ne sont pas adaptées pour faire face au froid, au vent et à la neige de cet hiver exceptionnellement rude. En mars dernier, le gouvernement avait promis de reloger les réfugiés dans des structures plus adaptées pour l’hiver. Désormais, il n’avance plus aucune date officielle pour la fermeture du site d’Ellinikó.

« Depuis quinze mois, nous n’avons pas reçu un euro de l’État, nous n’avons pas de personnel pour faire le ménage. Les employés des ONG internationales sont payés. Pourquoi ne pas rémunérer aussi les fonctionnaires de la mairie qui travaillent sur le site ? ». Ioannis Konstantatos, le maire de la commune d’Ellinikó explique n’avoir reçu aucune information du gouvernement Syriza depuis les discussions de mars dernier. « Les municipalités des environs avaient promis de reloger quelques familles mais rien n’a été fait. Le camp d’Ellinikó arrange tout le monde », poursuit-il dans les colonnes du journal de centre droite Kathimerini. Dans ces conditions, comment trouver une solution pour les migrants du camp ? « C’est un hangar anarchique, ouvert depuis un an déjà. Il n’y a aucun plan, aucune aide aux communes concernées. La santé et la sécurité des réfugiés et des gens de la région ne sont pas assurées », s’est indigné il y a quelques jours le député Miltiadis Varvitsiotis (Nouvelle Démocratie, opposition), après avoir visité le site. Il accuse le ministre de l’Immigration, Yannis Mouzalas, de retarder la privatisation d’Ellinikó potentiellement créatrice de milliers d’emplois, 40 000 selon le président du Fonds grec de privatisation.

Selon le ministère de l’Immigration, les retards pris dans le transfert des réfugiés du camp d’Ellinikó s’expliquent par le fait qu’il s’agirait principalement d’Afghans, impossibles à loger avec des Syriens ou des Irakiens. Ces dernières semaines, plusieurs bagarres entre communautés ont éclaté, provoquant des dégâts matériels et des incendies.

Le terrain d’Ellinikó doit être privatisé pour renflouer les caisses de l’État. D’après les créanciers du pays, la Grèce doit vendre des biens publics pour une valeur de 5,3 milliards d’euros d’ici 2018. En 2014, le site d’Ellinikó a ainsi été cédé pour 915 millions d’euros au consortium Global Investment Group, composé de trois entreprises (Shanghai Fosun International LTD, Eagle Hills d’Abu Dhabi et Latsis de Grèce). 500 millions d’euros devraient être investis pour faire sortir de terre un complexe de 623 hectares, qui comprendrait un hôtel de luxe, un aquarium, un parc, un casino, un centre commercial et un golfe. Les travaux étaient censés commencer avant l’été. Mais pour l’instant, rien ne bouge à Ellinikó.

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LA GRÈCE REFUSE L’EXTRADITION EN TURQUIE DE HUIT MILITAIRES « PUTCHISTES »

| De notre correspondante à Athènes | vendredi 27 janvier 2017

Les relations entre Athènes et Ankara ne risquent pas de s’améliorer. La Cour suprême grecque a refusé l’extradition de huit militaires turcs, réfugiés en Grèce après le coup d’État manqué du 15 juillet, estimant que ces derniers risquaient « d’être torturés » dans leur pays.

 

Par Marina Rafenberg

Après plusieurs rebondissements, la Cour suprême grecque a refusé jeudi 26 janvier d’extrader les huit militaires turcs arrivés par hélicoptère à Alexandroupoli, dans le nord du pays, au lendemain du coup d’État manqué en Turquie. Les juges ont estimé que les garanties pour un procès juste et équitable n’étaient pas suffisantes. Après l’échec du putsch, des mandats d’arrêt avaient été délivrés contre 2 700 juges et procureurs. La présidente de la Cour suprême à Athènes a estimé que les huit militaires « risquaient d’être torturés » s’ils étaient extradés vers la Turquie. La Cour a ordonné leur remise en liberté. Moins d’une heure après cette annonce, les autorités turques ont émis un mandat d’arrêt visant les huit militaires, selon l’agence de presse Anadolu.

Cette affaire constitue une épine de plus dans des relations gréco-turques déjà tendues. Les négociations sur Chypre, les différends de souveraineté sur certaines îles de la mer Egée, l’accord entre l’UE et la Turquie sur les réfugiés sont autant d’éléments qui rendent actuellement compliquées le dialogue entre Athènes et Ankara. Sans parler des précédents historiques qui restent vivaces dans l’esprit de nombreux Grecs : les échanges de population en 1922 entre les Grecs d’Asie mineurs et les Turcs de Thrace ont marqué plusieurs générations d’exilés, tout comme l’invasion de Chypre par la Turquie en 1974.

La justice a donc tranché, dans le sens que réclamaient de nombreux intellectuels et défenseurs des droits de l’homme en Grèce. Dans une tribune dans Le Monde du 23 janvier, Dimitris Christopoulos, le président de la Fédération internationale des droits de l’Homme, soulignait que « la question de l’extradition des huit militaires de la Grèce vers la Turquie ne relève ni des relations bilatérales entre les deux pays, ni d’une solidarité idéologique avec les personnes persécutées. Elle ne relève pas de l’exécutif, mais de la justice ». Cette décision devrait satisfaire l’électorat du Premier ministre Alexis Tsipras et la majorité des Grecs : dans un récent sondage 60% des personnes interrogées étaient opposées à l’extradition des militaires turcs.

GRECE: LE PAYS SE VIDE DE SA POPULATION

| mardi 24 janvier 2017

La crise économique a aussi de lourdes conséquences démographiques : les femmes font moins d’enfants, les décès augmentent du fait de la faillite du système de santé publique, et les jeunes s’exilent massivement. La population grecque diminue de manière drastique.

 

Par Marina Rafenberg

La population grecque est passée de 11,1 millions en 2011 à 10,8 millions de personnes en 2016, selon l’Office grec des statistiques (ELSTAT). Le nombre de décès en 2015 a atteint 121 212 personnes, un chiffre record depuis 1932 si on exclut la période 1941-1949 avec la Seconde guerre mondiale et la guerre civile qui a suivi. Parallèlement, le nombre de naissances n’a cessé de baisser : de 114 766 en 2010, elles ne s’élevaient plus qu’à 94 134 en 2013 et à 91 847 en 2015.

Et cette tendance ne risque pas de s’inverser, prévoit Vironas Kotsamanis, professeur de démographie de l’Université de Thessalonique : « Pour les vingt prochaines années, la balance naissance-décès va rester négative en Grèce et l’écart risque même d’augmenter. Le nombre de décès va augmenter car les générations qui sont nées après les années 1950 dans les années du baby-boom grec ont désormais plus de 65 ans. Les naissances non plus ne vont pas augmenter car les femmes en âge de procréer ne constituent pas une grosse part de la population et le taux de fertilité reste bas ». Pour éviter un déclin de la population, ce taux de fertilité doit en effet être d’au moins deux enfants par femme. Or avant la crise économique, le taux de fertilité grec était déjà de 1,5 et, en 2012, il avait baissé à 1,3 enfant par femme.

D’après une étude de Médecins du Monde, 4 femmes sur 10, en Grèce, ont décidé en 2014 d’avoir « moins d’enfants ou pas d’enfants du tout » en raison de la situation économique et de la peur de perdre leur emploi. Le taux de chômage touche près de 25% de la population mais les femmes sont près de 30% à être sans emploi. Ainsi, estime Médecins du Monde, près d’une femme sur quatre née dans les années 1970 n’a pas d’enfant.

ET LES JEUNES QUITTENT LE PAYS

À cela s’ajoute un autre phénomène qui a des effets dévastateur sur la démographie du pays : l’émigration des jeunes Grecs, en particulier chez les diplômés. À titre d’exemple, 190 000 scientifiques grecs travaillent actuellement à l’étranger, selon Lois Lambrianidis, professeur de l’Université de Macédoine.

Cette balance démographique négative et l’émigration massives des jeunes sont un poids de plus pour le pays qui est en récession depuis sept ans, compromettant un peu plus le financement de la sécurité sociale et des pensions de retraite pour les plus âgés et les plus vulnérables.

En Grèce, Médecins du Monde au chevet ￿des exilés￿: «￿Notre travail dépasse le médical￿»

Dans le camp d’Elliniko, près d’Athènes, l’équipe de Médecins du Monde suit l’état de santé des réfugiés, en majorité afghans,￿dans le cadre d’un programme d’un an financé par l’Union Européenne. Patience, empathie et don de soi sont requis pour les médecins et paramédicaux qui soignent et soutiennent ces patients fragiles.

 

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Par un vent glacial, Gulafruz et Zeinab, sa petite-fille de 3 ans, se rendent à la clinique de Médecins du Monde, logée dans des préfabriqués entre deux stades olympiques transformés en camp de réfugiés.

Quelque 2 100 exilés – en majorité afghans – résident dans cet ancien complexe sportif proche d’Athènes, souvent dans des tentes non chauffées pour l’hiver. Gulafruz, après la mort de sa fille et de son gendre en Afghanis- tan, s’est armée de courage pour parvenir en Europe avec sa petite-fille il y a huit mois. Mais ses forces s’épuisent. «￿J’ai des palpitations, je n’arrive pas à manger, j’ai mal aux dents. Mais aujourd’hui, je ne suis pas venue à la clinique pour moi. C’est la petite, elle n’a pas d’appétit. Je m’inquiète￿», note celle qui prétend n’avoir que 60 ans.￿

«￿Un des problèmes que nous rencontrons c’est qu’ils déclarent un âge mais la plupart du temps, il est faux￿», confie Iro Soudia qui prend les rendez-vous pour les médecins et oriente chaque jour la quarantaine de patients vers le spécialiste adapté. «￿Il n’est pas toujours évident de comprendre quels sont leurs symptômes. L’aide d’un interprète est indispensable ￿», lance la quinquagénaire en regardant Yasin, qui manie avec aisance le grec et le farsi.

Etat psychique inquiétant

«￿La moitié des symptômes que nous rencontrons sont d’ordre psychosomatique, en raison du stress lié à l’incertitude de leur avenir. C’est pour cela que d’habitude nous les dirigeons vers le généraliste mais aussi vers le psychologue￿», explique Iro.

Gulafruz se pose beaucoup de questions￿: doit-elle rejoindre un foyer comme une ONG le lui a proposé ? «￿Je n’ose pas quitter le camp car ici, j’ai des personnes qui m’aident, ma nièce, ces médecins￿», souligne-t-elle.

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Le camp d’Elliniko a été aménagé dans l’ancien complexe des Jeux Olympiques. Crédit: MR.

«￿Gulafruz vient pratiquement tous les deux jours. Ici, contrairement à mon travail précédent à l’hôpital, j’ai un rôle d’accompagnement. Ces réfugiés ont besoin d’avoir notre soutien, d’avoir la sensation que nous nous intéressons à eux, notre￿travail dépasse juste le médical￿», commente Areti, l’infirmière de l’équipe composée de 15 personnes dont une psychologue, un assistant social, un généraliste, une infirmière, une secrétaire, une pédiatre et des interprètes.

Deux unités mobiles – gynécologique et dentaire – s’arrêtent également parfois dans le camp. «￿Compte tenu de ce qu’ils ont traversé, les réfugiés sont plutôt en bon état de santé, par contre leur état psychique est parfois inquiétant￿», admet Iro Soudia.

«￿Je veux mourir￿»

Dans un des conteneurs qui sert de cabinet médical, Martha Arnaotoglou, psychologue, avoue se sentir parfois «￿impuissante￿». «￿Chaque jour un réfugié vient et me dit￿: “je veux mourir”. Ce phénomène est de plus en plus fréquent. Les mois passent, leur situation ne change pas, ils sont désespérés. Ils ne savent pas s’ils vont rester en Grèce ou s’ils vont être renvoyés dans leur pays…￿», poursuit la trentenaire.

Pour engager une psychothérapie, il faudrait une certaine stabilité et être dans un environnement propice à la réflexion sur soi. Or, dans les camps de réfugiés, le cadre n’est pas adéquat.￿« Mes patients sont trop fragiles, il ne faut pas ouvrir des plaies qui seraient trop douloureuses à refermer, explique la psychologue. J’utilise une méthode￿qui consiste en un soutien dans le quotidien, des conseils pratiques pour lutter contre les insomnies ou gérer le stress aigu. Tu peux juste les aider à la marge mais tu ne peux pas t’occuper de leurs problèmes profonds￿».

Pour les cas médicaux les plus lourds, un psychiatre consulte chaque mercredi. MdM travaille aussi avec un dispensaire du centre d’Athènes spécialisé dans le traitement de la torture et des questions liées à l’exil.

Hors des radars￿

Outre les troubles psychologiques, Iro recense des maladies dermatologiques ou infectieuses, des angines et des symptômes liées aux conditions de vie dans les camps.

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La pédiatre Nikolitsa Koutroumani prend en compte les conditions de vie des réfugiés pour donner des conseils aux parents. Crédit: MR.

Les réfugiés ne se rendent pas toujours compte de la gravité de leur état de santé. «￿Un adolescent de 17 ans atteint d’une tuberculose ne voulait pas prendre ses médicaments. Nous l’avons cherché partout dans le camp pendant des jours pour les lui donner￿», raconte Areti. Patience et obstination sont de mise pour les soignants. «￿Nos patients ne suivent pas toujours les instructions données. Par exemple, tu leur dis de prendre un cachet matin et soir pendant sept jours, et au bout de trois jours ils arrêtent…￿», se désole le Dr￿ Nikolitsa Koutroumani, pédiatre.

Prendre en compte les conditions de vie des réfugiés est crucial, souligne Nikolista, qui a vécu des expériences dans plusieurs ONG. «￿Avec les maladies contagieuses, il faut demander aux parents de ne pas laisser sortir les enfants des tentes. Mais souvent ce n’est pas respecté et il leur est difficile de dire aux enfants qui vivent déjà dans des conditions précaires de ne pas aller courir ou jouer avec les autres￿», remarque-t-elle. Autre souci pour l’équipe de MdM￿: certains réfugiés ne viennent jamais consulter. Selon Iro, «￿Ils sont trop déprimés ou ne supportent pas d’attendre pour avoir un rendez-vous, hors de nos radars se trouvent des personnes vulnérables avec de graves problèmes￿».

￿De notre correspondante Marina Rafenberg. Article paru dans Le Quotidien du Médecin le 23 janvier 2017.

LA GRÈCE EST PARALYSÉE PAR LE FROID, LES RÉFUGIÉS SURVIVENT SOUS LA NEIGE

| MARINA RAFENBERG | mardi 10 janvier 2017

Toute la Grèce est touchée depuis plusieurs jours par une vague de froid inédite. Depuis le début de la semaine, la région d’Athènes et les îles de la Mer Egée sont même recouvertes par une épaisse couche de neiges. La situation des réfugiés, encore souvent logés dans des tentes non-chauffées, est catastrophique.

Mardi matin, les Athéniens se sont réveillés émerveillés à la vue de l’épais tapis de neige recouvrant la ville. Le froid qui avait commencé à envahir le nord de la Grèce et les îles de la mer Egée est arrivé dans la capitale, à son tour paralysée. Toutes les écoles de la région sont restées fermées mardi. La circulation des bus était perturbée, comme certaines liaisons aériennes entre la Crète, certaines îles de la mer Egée et Athènes.

Ce weekend déjà, l’île d’Eubée était recouverte par deux mètres de neige, ce qui a provoqué des coupures d’électricité et d’eau. La neige n’a épargnée aucune île donnant des images spectaculaires à Skopelos, Santorin ou en Crète, plus connues pour leurs plages et leur soleil.

Sur les îles du Nord de la mer Egée, comme Lesbos, Samos ou Chios, des milliers de réfugiés continuent de vivre dans des conditions précaires, dans des tentes non chauffées, ce qui a suscité un tollé sur les réseaux sociaux. Le gouvernement grec, malgré ses promesses, n’a toujours pas transféré les 2 500 personnes qui vivent dans le camp de Moria, à Lesbos, vers des logements adaptés à l’hiver.

Le ministère de l’immigration, pour sa part, accuse les municipalités qui n’ont pas accepté la construction de nouveaux camps et les unions hôtelières qui ont refusé de mettre à disposition des chambres pour loger les réfugiés. La Commission européenne s’est d’ailleurs alertée lundi de la condition d’accueil des réfugiés, qualifiant la situation d’« intenable » et appelant le gouvernement grec à agir au plus vite. Mardi, le ministre de l’Immigration, Yannis Mouzalas, devait se rendre sur l’île de Lesbos pour évaluer l’ampleur des problèmes, mais son avion n’a pas pu atterrir sur le tarmac de l’aéroport de Lesbos, recouvert de glace. Mardi, la situation commençait cependant à se débloquer peu à peu avec le relogement de centaines de réfugiés dans des chambres chauffées.