GRÈCE : LE CONSEIL D’ÉTAT REJETTE LA RÉFORME AUDIOVISUELLE « ANTIOLIGARQUE » DE TSIPRAS

La décision du Conseil d’État est tombée mercredi soir : la loi visant à réguler l’audiovisuel grec a été jugée anticonstitutionnelle. Cette mesure phare du gouvernement Tsipras, qui voulait apporter plus de transparence dans un système dominé par les oligarques, était très critiquée par l’opposition et les propriétaires des médias.

 

Par Marina Rafenberg

 

Mercredi, quatorze juges sur 25 ont déclaré anticonstitutionnelle la loi sur l’audiovisuel décidée par le gouvernement d’Alexis Tsipras en octobre 2015. Un revers pour Syriza qui avait fait de cette mesure son cheval de bataille contre la diaploki, la collusion entre les milieux politiques, économiques et médiatiques.

Depuis les années 1990 et la libéralisation du marché audiovisuel grec, les grands patrons d’industrie ont massivement investi dans la presse et la télévision. Une dizaine de chaînes ont alors vu le jour, sans qu’aucun propriétaire de chaîne privée ne paie de licence d’exploitation, comme la loi le prévoyait pourtant. Depuis, les gouvernements successifs ont tenté de réguler le secteur, sans succès.

En 2016, le PAF grec se partage entre quatre chaînes publiques et huit privées gratuites. Le gouvernement d’Alexis Tsipras a voulu limiter à quatre le nombre de chaînes privées, estimant que le marché était disproportionné pour un pays de 11 millions d’habitants. Quatre chaînes étaient donc vouées à disparaître, et près de 2 000 postes auraient dû être supprimés. Cette décision a suscité la colère des antennes privées, mais aussi de l’opposition qui n’a cessé de dénoncer ces derniers mois une atteinte au pluralisme et une volonté du gouvernement de museler les médias de droite.

La réforme devait rapporter un total de 246 millions d’euros à l’État. L’invalidation du projet de loi « prive le budget de l’État de fonds nécessaires, dont la société a besoin et qui devront être retournés à quatre riches hommes d’affaires », a accusé la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassili.

« C’est une décision contraignante et injuste », a rétorqué à la télévision publique ERT 1 le ministre d’État Nikos Pappas, artisan de la réforme. Le gouvernement grec ne baisse pas les bras : dès lundi un projet de loi pour réguler temporairement le secteur sera déposé et une nouvelle procédure d’attribution des ondes sera organisé.

 

Article publié le 28 octobre 2016 dans le Courrier des Balkans.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s