Elections en Grèce : Tsipras n’est “pas d’accord avec le all inclusive”

Le nouveau Premier ministre a fait des déclarations chocs contre le tourisme “all inclusive”… rare dans son pays.

Le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras, leader du parti de gauche Syriza élu dimanche, a une idée bien arrêtée sur le tourisme qu’il souhaite développer en Grèce. Il entend encourager un tourisme “qui profite en priorité aux commerçants et entrepreneurs du pays“. Dans sa ligne de mire, l’hôtellerie all inclusive.

Lors d’une rencontre avec les professionnels du tourisme le 9 janvier dernier, Alexis Tsipras a ainsi déclaré : “Nous ne sommes pas d’accord avec le modèle all inclusive, qui détourne largement le tourisme de l’économie locale. Pour nous, le tourisme est surtout l’affaire des communautés locales qui vivent grâce à lui“. Une charge contre le modèle all inclusive qui ne met finalement pas en danger grand monde, puisqu’on estime que les chambres en all inclusive ne représentent que 2,2% du parc hôtelier grec !

2% de chambres en all inclusive

L’association des entreprises du tourisme grecques estime ainsi que les 54 705 chambres réservées en formule tout compris durant l’été 2014 représentent un manque à gagner de 250 millions d’euros pour les restaurateurs et cafetiers locaux. Des calculs qui omettent les recettes que rapportent les formules all inclusive aux hôteliers…

Au total, en 2013, les recettes du tourisme se sont élevées à 11,7 milliards d’euros, selon la Confédération du tourisme grec (Sete), pour près de 18 millions de touristes, soit une dépense d’environ 640€ par tête.

Soucieuse de ménager ses interlocuteurs, la secrétaire d’Etat au Tourisme, Elena Koundoura, a nuancé jeudi les propos du Premier ministre : “Nous ne sommes pas pour l’arrêt complet du all inclusive, nous sommes pour une amélioration qualitative des produits proposés et pour qu’ils profitent aux locaux“. Des débats abordés un temps à l’île Maurice, notamment, lorsque les autorités cherchaient à “faire sortir les touristes des hôtels“.
Le nouveau gouvernement souhaite également développer l’agritourisme et arrêter les projets susceptibles de mettre en péril l’environnement : “Notre environnement naturel incomparable est un atout compétitif“, a insisté Alexis Tsipras le 9 janvier. Dans la liste de biens actuellement mis en vente par l’Etat grec, qui est géré par le programme de privatisations TAIPED, figurent en effet des îles, des plages, des marinas : autant dire que ces mises en vente devraient être étudiées de près par le gouvernement, qui s’affirme prêt à les arrêter si elles nuisent à l’environnement ou défigurent les paysages.

Marina Rafenberg, à Athènes. 

Article publié dans Tour Hebdo le 30/01/15.

 

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